( AFP / FILIPPO MONTEFORTE )
La banque Monte dei Paschi di Siena (MPS) a enregistré en 2025 un bénéfice net de 2,75 milliards d'euros, en hausse de 17,7% sur un an grâce à la hausse des commissions, +8,2%, a annoncé le groupe mardi dans un communiqué.
En incluant l'apport de Mediobanca, dont MPS a pris le contrôle en septembre dernier, le bénéfice net grimpe à 3,03 milliards d'euros.
Sur le seul quatrième trimestre 2025, le bénéfice net de MPS a atteint 472 millions d'euros, en hausse de 15% sur un an.
MPS prévoit de distribuer "plus de 2,6 milliards" d'euros de dividendes pour l'exercice 2025, précise le communiqué.
"La combinaison de MPS et Mediobanca crée un nouvel acteur fort et solide dans le secteur bancaire grâce à la complémentarité des deux plateformes", s'est félicité le directeur général de MPS, Luigi Lovaglio, en présentant les résultats de ce qui est désormais le troisième groupe bancaire italien.
Au bord d'une faillite retentissante, MPS, la banque fondée à Sienne en 1472, avait dû être renflouée en 2017 à hauteur de 5,4 milliards d'euros par l'Etat italien qui en était devenu le principal actionnaire.
Rome avait réduit sa participation dans MPS à 11,7% du capital en cédant, en novembre 2024, 15% au total sur les marchés. L'offensive de MPS sur Mediobanca a bénéficié du soutien du gouvernement italien.
MPS avait créé la surprise en lançant en janvier 2025 une offre publique d'achat (OPA) sur la banque d'affaires Mediobanca, plus grande en termes de capitalisation. Le plan d'intégration de Mediobanca à MPS sera présenté le 27 février, a précisé la banque de Sienne.
La justice italienne enquête depuis fin novembre sur trois grands dirigeants soupçonnés de manipulation de marché dans le cadre de cette OPA.
L'homme d'affaires Francesco Gaetano Caltagirone, septième homme plus riche d'Italie, ainsi que Francesco Milleri, PDG du groupe EssilorLuxottica, et le directeur général de MPS, Luigi Lovaglio, sont soupçonnés d'avoir conclu un accord secret pour lancer cette OPA sur Mediobanca, contrairement aux règles en vigueur.
Les trois hommes se seraient coordonnés pour acquérir une partie des actions de MPS cédées en 2024 par l'Etat italien, à l'époque actionnaire principal de la plus vieille banque du monde.
Ils auraient aussi acheté des actions de Mediobanca en secret, de manière à ne pas être obligés de lancer une OPA sur cette banque, une fois dépassé le seuil des 25% d'actions détenues.
Selon la presse, un haut dirigeant du ministère de l'Economie est également visé par cette enquête car il aurait profité d'informations réservées et aurait acheté pour 100.000 euros d'actions de Mediobanca juste avant le lancement de l'OPA.
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